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PRO FENIS HASENBURG

Le château fort médiéval des seigneurs de Fenis, le Hasenburg, et les tertres funéraires hallstattiens, sont deux sites archéologiques exceptionnels situés sur la colline du Schaltenrain (commune d’Ins/Anet, canton de Berne). Ils n’ont pourtant pas échappé à l'oubli. Du temps de leur construction et usage, ces occupations matérialisaient des centres politiques et économiques supra-régionaux. Notamment pour cette raison, les vestiges du bourg médiéval et des tumuli ont été classés biens culturels d’importance nationale (catégorie A). Ils sont visitables et indiqués par quelques panneaux de randonnée pédestre depuis le village d’Ins/Anet. Les informations à leur sujet sont cependant relativement limitées et n’incluent pas les résultats des recherches les plus récentes. C’est pourquoi un projet de valorisation de ces deux ensembles est actuellement en cours. 

ACTUALITÉS

 
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L'organisation de la protection civile

Cheminement autour du Hasenburg

L'organisation de la protection civile du Lac de Bienne Sud-Ouest a procédé à la rénovation du chemin à l'aval de la deuxième terrasse du château du Hasenburg. Les pieds resteront désormais au sec!

 

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La vie associative
 

L'assemblée générale 2022

L'assemblée générale 2022 a eu lieu le 25 avril 2022 dans l'ancien dépôt des pompiers (Altes feuerwehrmagazin) à Anet/Ins à 19.30. 

Avant la partie statutaire, Christoph Matt a présenté Burkhard von Fenis comme évèque de Bâle et ses travaux comme planificateur de cette ville au Moyen âge. 

Ce fut un vrai succès!

Merci à Tildy Schmid pour son article dans le Bieler Tagblatt.

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Recherche
 

Préparation des panneaux d'information

En 2022, il est prévu de mettre en place le système d'information pour le site du château du Hasenburg, comprenant en particulier des panneaux d'information.

HISTOIRE

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HISTORIQUE DE LA RECHERCHE SUR LE HASENBURG

Sur un éperon escarpé dominant deux terrasses protégées par des vallons artificiels, s’élèvent les vestiges d’un château, dont il ne subsiste aujourd’hui que de rares traces de murs en pierre et un imposant ensemble de fossés et de remparts en terre bien visibles sur le terrain. Avec ces 350m de longueur, il s’agit d’un des plus grands châteaux forts de Suisse.Jusqu’au XVIIIe siècle, la tour et des restes de murailles marquaient distinctement le paysage. Caspar Wyss (1762-1798) a illustré les ruines du château fort dans un médaillon gravé autour de 1790. Frédéric Du Bois de Montperreux (1798-1850), archéologue et dessinateur neuchâtelois, aurait observé des vestiges de murs en 1848 encore . Albert Jahn mentionne en 1850 l’existence de murs solides (feste Gemäuer), mais raconte aussi que les pierres des ruines ont servi de carrière pour la construction des villages alentours . En 1855, Auguste Quiquerez fait le lien entre le château de Fenis et le château d’Asuel Hasenburg dans le Jura, insistant sur la similitude du plan de construction . Dans sa publication sur les châteaux forts bernois, Edouard von Rodt publie une photographie intéressante montrant des murs dégagés des ruines du Hasenburg . En 1911, le géomètre Benedicht Moser en fait un plan détaillé. Publié dans l’annuaire de la Société suisse de préhistoire , il sert encore aujourd’hui encore de référence pour les travaux de recherche. Lors d’une excursion en 1954, le séminaire de Préhistoire de l’Université de Berne a réalisé quatre sondages, un sur chaque plateau et le dernier dans le fossé le plus septentrional. Le sondage II, sur le plateau supérieur, a permis de dégager les restes d’un mur en pierre sèche large de 1.5m. Le sondage III sur le plateau inférieur a mis au jour plus de 80cm de couche archéologique. Ces recherches n’ont livré que peu de mobilier : une dent et des tessons. D’abord considérés comme protohistoriques, ils pourraient tout aussi bien appartenir à l’époque médiévale (BHM Inv.-Nrn 39994 et 39995) . Au printemps 1979, Hans Pawelzik prospecte le site à plusieurs reprises; il recueille une fibule, des pointes de flèche en fer, des boucles de ceinture, des pièces d’armature, des anneaux, des fers à cheval, des tessons de céramiques et deux monnaies qu’il transmet ensuite au Service archéologique du canton de Berne. Selon Hans-Markus Kaenel, la belle fibule émaillée, ornée d’un aigle sur la partie centrale, serait à dater de la seconde moitié du Xe siècle ou du XIe siècle. La monnaie en argent provenant de l’abbaye du Fraumünster de Zurich, découverte à proximité, a été attribuée quant à elle à la seconde moitié du XIe s. Un quart genevois datant de 1594 certifie que le site devait toutefois être encore fréquenté après son abandon. En 2011, dans le cadre de l’inventaire des châteaux forts du canton de Berne, le Service archéologique effectue une inspection sur le site. Cette intervention a amené l’idée de le mettre en valeur . En effet, selon l’édition 2009 de l'Inventaire Suisse des biens culturels d'importance nationale et régionale (Etat 1.1.2017), le Hasenburg fait partie des biens culturels d’importance nationale (objets A) pour le canton de Berne. 

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HISTOIRE DES SEIGNEURS DE FENIS

Les habitants du Hasenburg, les seigneurs de Fenis, comptaient parmis les plus influentes familles de la noblesse de l’empire franco-germanique . 
A la mort de Rodolphe III de Bourgogne en 1032, l’empereur salique Conrad II (990-1038), fils d’Henri II (mort en 1022) et prédécesseur de Henri III (empereur de 1046 à 1056) se fait reconnaître comme roi de Bourgogne. Il y place ses partisans les plus fidèles en leur attribuant des terres. C’est probablement ainsi que Ulrich de Fenis (1015 - 1070), fils du comte du Val de Nugerol (Le Landeron) Conon de Fenis (nommé dans un acte de 1016), déjà propriétaire d’un territoire allodiale s’étendant de l’Aar à la rive orientale du lac de Neuchâtel, obtient en 1034 Neuchâtel en tant que fief et baronnie impériale. En 1036, Ulrich de Fenis vainc l’archevêque de Lyon et abbé de Saint-Maurice, fidèle au Pape, et le livre à Conrad II le Salique. 
On connaît trois fils à Ulrich de Fenis. Bourcard (Burkhard), né vers 1040, chanoine à Eichstätt en Bavière, puis chambrier archiépiscopal à Mayence de 1069 à 1072, il est consacré évêque de Bâle après le 10 avril 1072 par l’empereur salique Henri IV (né en 1050, empereur de 1084 à 1106), dont il est un partisan dévoué. Il reçoit ainsi la possession des mines d'argent du Brisgau en 1073. Bourcard de Fenis reste fidèle à l’empereur Henri IV bien qu’il se fasse destituer par le Pape Grégoire VI lors du synode de Worms en 1076. En 1077, il l’accompagne à Canossa, au nord de Bologne, pour demander au Pape de lever l’exclusion papale. Bourcard est également à côté de l’empereur lors de la guerre contre Rodolphe de Souabe (1077-1080) et en 1084 lors de son couronnement à Rome. En reconnaissance de sa fidélité, Henri IV lui donne le comté de Härkingen (1080), le château de Ribeaupierre en Alsace (1084) et l'abbaye de Pfäfers (1095). La baronnie de Hasenburg près de Lützel lui appartient. Il fonde en 1083 le premier monastère de Bâle, Saint-Alban, qu'il confie aux moines de Cluny, dont il est l'ami et le bienfaiteur. Bourcard fait bâtir le château de Cerlier autour de 1100 et meurt en 1107. 
Conon (Cuno), né vers 1040, est nommé évêque de Lausanne en 1097, et meurt autour entre 1103 et 1108. Ses liens avec l'empereur Henri IV l'empêchent de prêter serment à son métropolitain, l'archevêque de Besançon, et il meurt simple élu. Il fonde l’abbaye bénédictine de St. Jean (Abtei St. Johannsen). 
Le troisième fils (mort en 1096 ou en 1099) s’appelait probablement Rodolphe (Rudolf) si l’on se réfère à Frédéric Du Bois de Montperreux  ou encore à Paul Aeschbacher . 
Avec la disparition des empereurs saliques en 1125, la suite de l’histoire de la famille de Fenis est plutôt difficile à retracer. Néanmoins, on sait qu’en 1126, Rodolphe I était comte de Neuchâtel (Novocastro). Il a épousé Emma de Glâne avec qui il a eu un fils, Ulrich II (né en 1146, mort en 1191/92 ou 1225). Ulrich II s’est marié à Berthe de Granges-Grammont qui a quitté le château d’Arconciel pour s’établir à Neuchâtel. Rudolphe I avait encore deux frères, Mangold et Berchtold, évêque de Bâle de 1122 à 1133.
C’est avec les fils d’Ulrich II qu’apparaissent les différentes lignées, dont celles de Neuchâtel avec Rodolphe II (mort en 1196) et de Nidau, Strassberg et Aarberg-Valangin avec Ulrich III (mort en 1225). 
 

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LES TUMULI DU PREMIER ÂGE DU FER DE GROSSHOLZ 

Les tumuli dits "de Ins", datés de l’époque de Hallstatt (800-450 av. n. è.), forment l’ensemble connu le plus important de Suisse pour ce type de vestiges. Même s’il a été fouillé au XIXème siècle, le site peut être interprété dans son ensemble. L’étude du mobilier a notamment permis de mettre en évidence le fait qu'un même groupe de personnes a utilisé cet espace pour enterrer certains de ses morts durant plus de 400 ans (Dunning, 2005). De même, l'alignement de plusieurs nécropoles le long de la montagne indique que ce cimetière devait être située aux abords d'une route (axe est-ouest) traversant la région des Trois-Lacs. 

Le lieu-dit du Grossholz abrite un groupe de dix tumuli du premier âge du Fer découverts et fouillés par Gustave de Bonstetten en 1848. Il laissera à la postérité sa Notice sur les tombes d’Anet, sujette à de nombreuses imprécisions mais néanmoins utilisable. Gustave de Bonstetten fait état des premiers tumuli construits en grande partie avec des pierres dans la région, appartenant de ce fait aux nécropoles du pied du Jura plutôt qu’au Plateau suisse. Le mobilier trouvé dans les sépultures, qui contenaient entre un et trois individus, est donné en 1873 à l’«Antiquarium de Berne», devenu le Musée historique de Berne. De nouvelles recherches archéologiques seront reprises en 1908 par les archéologues Jakob Heierli et Heinz Labhardt pour le compte de la commission du Musée Schwab à Bienne, dont le rapport de fouille et les objets découverts se trouvent dans cette dernière institution. 

Enfin, les découvertes ont été évaluées par divers scientifiques. Les résultats ont été intégrés dans l'interprétation du site en tant que nécropole d'un groupe de population important au carrefour des régions - entre le Jura et le Plateau suisse, entre la Méditerranée et le sud de l'Allemagne. En effet, de nombreuses tombes comportant du mobilier prestigieux tel que des bijoux en or, en ambre et en bronze, des armes en fer et même plusieurs restes de chars ont été retrouvés dans les tertres funéraires.

La chronologie de l'occupation du complexe funéraire indique une continuité sur au moins quatre générations. Dès environ 650 avant J.C., un homme est enterré à Grossholz avec un char, des armes et des parures prestigieuse. On formule l'hypothèse qu'il eut été le fondateur d'un clan qui aurait dirigé la région des alentour d'Ins pendant 200 ans. En effet, trois autres tombes à chars - donc une pour chaque génération de ce clan - ont été découvertes dans les tumuli voisins. Chacune  présentait des objets ostentatoires caractéristiques des «princes» de l'époque.

Le mobilier funéraire de ces tumuli nous renseignent sur la richesse et le statut social de leurs occupants. En effet, divers objets proviennent de la Méditerranée (perle d'or) ou de la mer Baltique (ambre). Les chars qu'on a retrouvés  indiquent un certain pouvoir, probablement lié au contrôle des voies de communication de la région. Les gens qui vivaient ici exigeaient probablement une contrepartie en espèce en échange d'une escorte sécurisée vers le sud ou le nord - le long des lacs. Cependant, il se peut aussi que ces habitants aient été des commerçants qui proposaient sur le Plateau suisse des marchandises venant soit de la Méditerranée ou de la mer du Nord. 

Les parures féminines retrouvées dans les tombes indiquent une origine différente des personnes inhumées. Certaines venaient du Jura, avec leurs grands pendentifs ajourés et leurs anneaux en lignite; d’autres du Plateau suisse, avec leurs brassards et leurs parures de coiffure. Plus tardivement, à la fin du Premier âge du Fer, les tenues féminines présentent une plus grande homogénéité. Ceci est dû à l'adoption graduelle par les habitantes du Plateau suisse d'un style de bijoux exogène provenant de contrées plus lointaines. Cette richesse, suggérée par le caractère prestigieux du mobilier d'accompagnement, montre qu'un changement important s’est produit: les femmes ont pris part au pouvoir. Est-ce qu’une «princesse» serait enterrée ici, comme c'est le cas de la dame de Vix en France ?

 

A PROPOS DE NOUS

L'association Pro Fenis Hasenburg souhaite protéger et mettre en valeur ces sites importants en permettant la restauration du Hasenburg, ainsi que celle des  tumuli de l'âge du Fer de la colline de Schaltrain. En outre, l'association souhaite soutenir la recherche liée aux fouilles anciennes et aux nouvelles prospections et cherche à promouvoir l'intérêt de la population, plus particulièrement dans les écoles.

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LE CONSEIL D'ADMINISTRATION

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JÜRG RAUBER

Notaire, Vinelz (Président)

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MICHAEL RÖTHLISBERGER

Conseiller municipal, Ins

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HANS-JÜRG BIGLER

Président de la commune, Vinelz

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CYNTHIA DUNNING THIERSTEIN

Archéologue, Biel/Bienne

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HEIDI MEYER

Caissière, Vinelz

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KARIN GUGGER

Secrétaire, Vinelz

 

ÊTRE ACTIF

Voici comment vous pouvez nous aider

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DEVENIR MEMBRE

L'association se compose des catégories de membres suivantes:

Les membres uniques (Fr.30.-)  participent volontairement aux activités de l'association.
Les membres famille (CHF 50,00) peuvent participer aux activités de l'association en famille.
Les membre mécènes (CHF 100.-) participent aux activités de l'association et s'engagent pour l'épanouissement de l'association. Les personnes morales sont considérées comme membres mécènes de l'association . 


Pour devenir membre, contactez-nous.

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FAIRE UN DON

La conservation et l'entretien des sites sont coûteux. Toute aide est la bienvenue ! 

Pour la valorisation du Hasenburg, fil nous manque encore 30'000 francs.

 

Pour faire un don, veuillez vous connecter. Nous attendons votre participation avec impatience.

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NOS PARTENAIRES

Nos partenaires financiers sont : 

  • Swisslos Lotteriefonds des Kantons Bern

  • Ernst-Göhner Stiftung, Zug

  • Fondation zum Delphin, Zürich

  • Fonds culturels UBS, Schweiz

  • Association des résidents de Ins

  • Gemischte Gemeinde Vinelz

  • Stiftung und Verein Netzwerk Bielersee

  • Gehri Holzbau AG, Vinelz

  • Funicar Muldenzentrale AG, Sutz

  • Kolly AG, Vinelz

  • Grimm Heizungen, Lüscherz

  • Werner Küffer Sanitär

  • Mäder Malerei, Vinelz

  • Securitas Direct SA

Nous travaillons avec:

  • Le Service Archéologique du Canton de Berne

  • L'organisation de la Protection civil du Lac de Bienne Sud-Ouest 

  • Forstbetrieb Gemeinde Ins

  • ArchaeoConcept

  • History Projects

 

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